Des vagabondages, des errances, Julien Baete en érige et les met en résonance. A la manière d'un cartographe, il élabore un système de signes: grilles, filets qui appliqués par couches successives produisent des effets tourbillonnants. L'implication du décoratif est par là même prépondérant? Chaque motif peint ou amené par des éléments externes, a-picturaux ( comme la tapisserie, les gommettes, les étiquettes) motive autant l'imagination qu'une forme d'aliénation. Il s'agit dès lors de se perdre pour mieux se retrouver tant la lecture de ses œuvres est labyrinthique. Mais un labyrinthe est toujours fait pour être traversé. Le regardeur demande à etre pris à partie, l'implication intime de l'artiste, puisse aussi dans une certaine forme de re-lecture et de déplacements d'œuvre historiques: de leurs formes, de leurs constructions, de leurs architectures internes et de leur sujets. La posture de Julien Baete relève ainsi d'une double réaction. la première est l'engagement univoque dans des recherches qui dépassent le simple acte de peindre, une posture face à ses contemporains, la seconde dans un attachement à l'histoire et aux formes qu'elle a vu naitre. Ainsi peut-il successivement nous donner à voir des oeuvres qui traitent du World trade center et une exégèse du Concert dans l'œuf de Gérôme Bosch.
Yanick Courbès, mai 2005
Écrit à l'occasion de l'exposition, Julien Baete, jean-baptiste Bernadet Ariztia, Guillaume Bruère, Xavier Noiret-Thomé